Cette
exposition s’inspire d’une région du nord du Laos étendue sur environ 1
000 km2 et habitée par d’imposantes jarres de pierre, la Plaine des
Jarres, dont la signification et l’origine, pourtant étudiée dès 1930
par Madeleine Colani, une archéologue française, demeurent une énigme.
Sur les trois sites ouverts au public se trouvent environ 250 jarres,
certaines pesant plusieurs tonnes.

Lors de la guerre du Viêt Nam, le Rolling Thunder (tonnerre ininterrompu) de l’aviation américaine (plus de 500 attaques aériennes par mois) a laissé une myriade de bombes inexplosées. Malgré
tout les jarres partiellement enterrées ont survécu aux pilleurs, et en
grande partie aux bombardements.

Les habitants de la région se
servent encore des énormes douilles de bombes comme piliers pour bâtir
des habitations ou greniers.
 
C’est la terre à la fois protectrice et désormais mortifère que nous avons choisi comme matériau pour notre exposition.
 
La cuisson a été réalisée en four a bois anagama, four tunnel à flamme
directe, ainsi les cendres volantes se déposant sur les pièces brutes,
fondent en leur donnant couleurs et matières. Parfois la rudesse de
la cuisson au bois fissure les pièces, élargissant ainsi la frontière
entre l’utilitaire et le sculptural, espace où les jarres fendues
côtoient les bombes utilitaires.